Butembo : devant des jeunes, Esther Luhavo vante l’autonomisation de la femme et son accès aux postes des décisions pour le développement
Appel au travail de la femme pour participer au développement du développement de la RDC. Il émane de madame Esther LUHAVO de l’Organisation SAUTI YA MAMA MUKONGOMANI. Elle a été facilitatrice du sujet « vers l’autonomisation financière et accès aux instances des décisions par des femmes à Butembo ». Sujet exposé devant des jeunes réunis au Centre de Lecture et d’Animation Culturelle, CLAC Butembo.
L’oratrice a montré que l’autonomisation prend en compte la confiance en soi, le leadership que doit développer la femme, la capacité à donner son opinion et à négocier ou encore la capacité à se faire entendre.
«Notre société congolaise est composée des hommes et des femmes. Et d’ailleurs, il y a plus de femmes que des hommes. Et la plupart des fois, quand on parle de l’autonomisation des femmes, on ne voit que le côté financier, pourtant, c’est global. Mais aujourd’hui, nous, on a parlé uniquement de l’autonomisation financière et accès aux espaces des décisions. Mais quand on parle de l’autonomisation financière, on voit justement l’argent, on voit des activités, on voit la confiance en soi, on voit le leadership, on voit beaucoup de choses tout autour. A Butembo par exemple, il y a des femmes qui sont autonomes financièrement, mais qui ne sont pas autonomes sur d’autres points de la vie », admet-elle.

Son appel aux femmes, c’est de travailler pour avoir des moyens grâce auxquels elles pourront contribuer au développement du pays.
« L’appel que j’ai, c’est que les femmes qui sont autonomes financièrement, moi, je les encourage et je les félicite. Je les appelle à exercer. Il ne suffit pas seulement d’avoir de l’argent, mais il suffit aussi d’utiliser cet argent-là pour une très bonne cause, pour le développement de soi, d’abord, pour le développement d’autres femmes, des jeunes, parce qu’elles sont comme des exemples, mais aussi pour le développement de notre pays. Tout cela va commencer par l’amour de soi, par tout ce qu’on voit comme projet, comme besoin dans notre société. Il ne suffit pas seulement d’avoir de l’argent et de rester calme. Il faut poser des actions, il faut aller au-delà de cela. Et pour ceux qui n’ont pas encore de l’argent, il faut travailler. J’appelle les femmes au travail, j’appelle les femmes à se remettre en question, à travailler sur leurs compétences, à se challenger, à postuler, à avoir des idées d’entrepreneuriat, à se former dans tout, sans limite, pour avoir du travail qui procure de l’argent. Quand on a de l’argent, on peut participer à la construction de notre pays, de notre ville de Butembo, de notre Nord-Kivu, ainsi, on peut participer au développement de notre pays à plusieurs niveaux », encourage-t-elle.
Des participants présents ont promis de déployer des efforts pour que l’autonomisation de la femme soit un objectif à atteindre au jour le jour.
«Quant à l’autonomisation financière, je pense que ce n’est pas vraiment facile d’être autonome financièrement. Mais c’est possible, bien sûr, avec le temps», reconnait Arthur, le poète.
« L’autonomisation financière c’est tellement important pour tout le monde parce que c’est un objectif commun en fait. Alors pour ça, je pourrais dire qu’il faudra qu’on se donne un fonds pour arriver à réaliser cet objectif commun qui est commun en fait, surtout pour nous les femmes. Parce que pour tout le monde, on n’est pas vraiment autonome financièrement. C’est difficile d’avoir la parole dans la société. Parfois, la parole de la femme n’est pas vraiment considérée et respectée. Et donc c’est quelque chose qu’on devrait mettre dans notre tête, toujours », plaide Eloïsa KASIMWA.

Notons que cet exposé rentre dans le cadre de la journée internationale de la femme africaine célébrée chaque 31 juillet. Outre Esther LUHAVO qui a développé le sujet : « Vers l’autonomisation financière et l’accès des femmes aux espaces de prise des décisions », Eugénie MUSIVIRWA a exposé le sujet : « Modernisme, entre culture et dépravation des mœurs, quels repères pour la femme africaine ? ».
Patient Akilimali