UNIKIN Défense Thèse : Janvier Kombi préconise le modèle de compromis dynamique au regard du surendettement des firmes du Portefeuille de l’Etat Congolais

UNIKIN Défense Thèse : Janvier Kombi préconise le modèle de compromis dynamique au regard du surendettement des firmes du Portefeuille de l’Etat Congolais

19. juillet 2026 Allgemein 0
Partager les articles de Radio Elimu UOR

KASEREKA KOMBI Janvier est déjà Docteur en thèse. Cet enseignant affecté à la filière des Sciences économiques et de Gestion à l’Université Officielle de Ruwenzori, UOR Butembo, a défendu sa thèse en sciences de Gestion de la Faculté des Sciences économiques à l’Université de Kinshasa le 9 juillet 2026. 

Sa thèse a pour titre : « Gestion de l’endettement financier dans les entreprises : Evaluation Empirique de modèles sélectionnés sur un échantillon de firmes du Portefeuille de l’Etat Congolais ».

Le chercheur montre qu’en République démocratique du Congo, de nombreuses entreprises appartenant à l’État connaissent de graves difficultés financières. La plupart sont fortement endettées, certaines ont même des capitaux propres négatifs, ce qui limite leur capacité à investir et à contribuer efficacement au développement du pays.

Des reformes sans résultats escomptés

Malgré plusieurs réformes engagées par le gouvernement, notamment en 2008 et 2012, ces difficultés persistent.

« Le problème que j’ai analysé est celui de l’endettement des entreprises publiques congolaises. Ces entreprises sont surendettées, elles ont un endettement excessif, certaines ont même des dettes qui dépassent leurs actifs, donc elles ont des capitaux propres négatifs. C’est cette situation qui est préoccupante pour l’avenir de notre pays, un frein structurel à la croissance et à la diversification de notre économie qui nous a poussé d’essayer un peu d’analyser cette situation afin d’identifier un modèle qui peut permettre de gérer efficacement l’endettement des entreprises publiques congolaises. Depuis, normalement, la grande réforme des entreprises du portefeuille de l’État congolais  en 2008, le décideur, particulièrement l’actionnaire, l’État congolais, ainsi que les institutions de Bretton Woods, notamment la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International ont proposé le désengagement de l’État dans le capital en 2008, mais aussi, ils ont proposé mettre en place des mesures de restructuration de la dette en 2012. Malheureusement, ces solutions n’ont pas permis de gérer le problème. Jusqu’à aujourd’hui, les entreprises publiques congolaises ont toujours un endettement excessif », expose-t-il.

Face à cette situation, la recherche doctorale de KASEREKA KOMBI Janvier s’est posé une question essentielle : quel est le meilleur modèle pour gérer efficacement l’endettement des entreprises publiques congolaises ?

Pour ce faire, l’étude a porté sur 36 entreprises du portefeuille de l’État, analysées sur une période de six ans soit de 2018 à 2023.

En utilisant des méthodes statistiques et économétriques, la recherche a comparé plusieurs modèles de gestion de l’endettement.

Toutefois, la recherche révèle que les seuls critères financiers ne suffisent pas à expliquer leurs décisions d’endettement.

Des facteurs tels que le rôle de l’État, les subventions publiques, les missions de service public et les caractéristiques institutionnelles influencent également ces décisions, ajoute le récipiendaire qui s’est confié ce samedi 18 juillet 2026 à la Radio Elimu, la Voix de l’UOR.

La thèse recommande ainsi une gestion active, prudente et dynamique de l’endettement, adaptée aux réalités des entreprises publiques de la RDC.

« Active, parce que les dirigeants des entreprises publiques congolaises doivent suivre à permanence l’évolution de l’endettement et ajuster leurs décisions à cet effet. Prudente, il faut s’endetter en tenant compte de la capacité de remboursement de la dette et afin d’éviter l’insolvabilité structurelle ou opérationnelle. Dynamique, donc les entreprises publiques doivent ajuster progressivement l’endettement en fonction des opportunités offertes. Surtout, elles doivent affecter cet endettement, non à la consommation, mais plus à des investissements productifs. Il faut aussi la transparence. Il faut qu’il y ait une certaine discipline financière parce que ces entreprises-là sont souvent caractérisées par une mauvaise discipline budgétaire et financière », soutient KASEREKA KOMBI Janvier.

Cette recherche montre également que les subventions publiques, lorsqu’elles sont bien orientées, contribuent à réduire le recours à l’endettement, tandis que la simple participation de l’État au capital n’améliore pas, à elle seule, la gestion de la dette.

Pour KASEREKA KOMBI Janvier, il faut affecter l’endettement à des projets ou investissements productifs pour que la dette soit un vecteur de création de la valeur pour ces sociétés. 

Le modèle de compromis dynamique

L’objectif de cette recherche est de contribuer à une meilleure gouvernance financière des entreprises de l’État, afin qu’elles jouent pleinement leur rôle dans le développement économique de la République démocratique du Congo.

Les résultats montrent que le modèle de compromis dynamique est le plus adapté au contexte des entreprises publiques congolaises.

«Donc je suis arrivé aussi à la conclusion que le désengagement de l’État n’est pas le problème dans le capital, parce que la part de l’État dans le capital n’a pas été un facteur significatif dans le modèle de compromis dynamique. Alors, comme solution, que devons-nous faire au niveau des gestionnaires, de l’État actionnaire ou de la population ? C’est de permettre que l’endettement, pour qu’il crée de la valeur pour ces entreprises publiques congolaises, il faudrait affecter la dette aux investissements productifs. Il faut une discipline financière, donc éviter le détournement des fonds empruntés ou la corruption, un contrôle régulier de toutes les parties prenantes parce que les entreprises publiques, font appel à plusieurs parties prenantes, donc la Présidence, la Cour des comptes, le ministère du portefeuille, le conseil supérieur du portefeuille, la direction de la gestion de l’endettement, de la dette publique, le ministère de finances et le ministère du budget. En quelque sorte, l’originalité de cette thèse, c’est d’avoir mis en place, contrairement aux études antérieures, un modèle qui peut permettre la gestion de l’endettement financier des entreprises du portefeuille de l’État. C’est un modèle que nous appelons le modèle de compromis dynamique», conclut le Docteur KASEREKA KOMBI Janvier.

Au terme de l’évaluation, le Jury a décerné LA PLUS GRANDE DISTINCTION au récipiendaire.

Cette défense a eu pour cadre la salle de la Bibliothèque numérique de l’Université de Kinshasa.

Cette thèse a eu pour promoteur, le Professeur LUMONANSONI MAKWALA et pour co-promoteur, le Professeur LUSENDI MATUKAMA. 

Patient Akilimali